LE SYNDROME DE L'IMPOSTEUR

Tu es persuadée que si tu réussis, c’est en grande partie parce que tu as de la chance. 

Inversement, si tu essuies un échec ce n’est pas à cause des circonstances, mais bien parce que tu t’es trompé ou que tu n’en avais pas les capacités.

 

Tu as souvent la sensation de ne pas mériter ta place - que tu l’usurpes en quelque sorte.

 

Tu n’oses pas demander une augmentation, de peur que l’on se rende compte que tu ne la mérites pas. Ou demander de l’aide car on pourrait croire que tu n’es pas à la hauteur.

 

Tu relis 50 fois tout ce que tu fais ou tu passes des heures à préparer une présentation : il faut que tout soit parfait.

 

Tu dois faire un maximum de formations avant de te lancer dans un domaine : tu as besoin de te sentir légitime.

 

Tu as du mal quand on te fait des compliments, surtout sur ton travail : s’ils savaient le temps que tu y as passé, ils verraient bien que tu n’as aucun mérite !

 

Tu as une exigence démesurée envers toi-même - et beaucoup moins envers les autres.

Syndrome de l’imposteur et confiance en soi

Le syndrome de l’imposteur est, évidemment, intimement lié à un manque de confiance en soi – et à la pression parfois démesurée que nous nous mettons toutes pour être parfaites (voir l’article « You’re not wonderwoman »).

 

Tout comme le manque de confiance en soi, le syndrome de l’imposteur se transforme souvent en prophétie auto-réalisatrice : la croyance est si forte (je n’ai pas les capacités) que je modifie mon comportement (je m’auto-sabote) et qu’au final je provoque moi-même la réalisation de cette croyance (j’échoue, je suis donc un imposteur). En résumé : à force d’y croire, ça finit par arriver.

 

Il n’y a pas de conseil ou de méthode miracle pour reprendre confiance en soi : c’est un travail sur soi-même qui se fait dans la durée. Car prendre confiance en soi commence par se connaître soi-même : savoir ce que l’on est, et être conscient de ce que l’on n’est pas.

 

Voici donc quelques exercices simples de coaching pour commencer à te défaire du syndrome de l’imposteur. 

 

1/ Le reconnaître est le premier pas pour t’en libérer : 

  • Réfléchis aux croyances qui sont profondément ancrées en toi et qui nourrissent ce syndrome de l’imposteur. Quelles sont ces croyances ? « Les autres sont plus compétents que moi », « Ils vont me dénigrer si je ne réussis pas », « Je n’ai pas droit à l’erreur », etc.

 

  • Prends un peu de distance et relativise ces croyances en te posant les questions suivantes :

    • Au pire, que se passera-t-il si tu n’y arrives pas ? Ou si tout n’est pas absolument parfait ?

    • Les autres ont-ils vraiment plus de compétences que toi ? Et en particulier, ont-ils ces compétences que tu t’exiges à toi-même ? 

    • Pourquoi les autres auraient-ils plus le droit à l’erreur que toi ?

    • Quelles ont été, ou sont aujourd’hui, les conséquences de ces croyances dans ta vie (sur toi, ton état d’esprit, tes relations avec les autres, ton énergie au travail, ta motivation) ?

 

  • Suite à cette réflexion, quelles nouvelles croyances veux-tu faire tiennes ? Que peux-tu te dire à toi-même quand tu douteras de ta légitimité ?

Tu te reconnais dans une (ou plusieurs) de ces affirmations ?

Tu n’es pas la seule, cela a même un nom : c’est le syndrome de l’imposteur. C’est comme ça que l’ont baptisé les deux psychologues qui l’ont « découvert »à la fin des années 70 (Pauline Clance et Suzanne Imes). 

 

Le syndrome de l’imposteur, c’est« attribuer tes succès à la chance, aux circonstances, aux gens qui t’entourent ou encore à un travail acharné »– et jamais, au grand jamais, à tes compétences ou à tes capacités.

 

C’est penser que tes succès ne sont pas mérités ou avoir l’impression de duper les autres, de valoir moins que ce qu’ils pensent. C’est vivre, du coup, avec la peur d’être démasquée et que quelqu’un se rende compte de la supercherie.

 

C’est le besoin permanent de te justifier, à tes yeux et à ceux des autres. 

 

La conviction de ne pas être digne de reconnaissance – parce qu’il y a forcément eu une erreur ou un coup de chance. 

 

La peur de ne pas être à la hauteur – même quand tu as plus d’une fois démontré tes capacités. 

 

La gêne, et parfois même l’incapacité à réclamer quelque chose (une promotion, une augmentation), car tu ne penses pas l’avoir mérité.

 

Bien sûr il y a plusieurs niveaux, mais selon plusieurs études 60 à 70 % des gens expérimentent, à un moment donné de leur carrière, ce sentiment d’illégitimité. 

2/ Pense à 2-3 moments dans ta vie où tu as été fière de toi (dans le domaine professionnel ou personnel). Ou à 2-3 choses qui te paraissaient impossibles et que tu as pourtant accompli.

  • De quoi as-tu fait preuve à ce moment-là pour y arriver (compétences, qualités) ? 

  • Y a-t-il d’autres moments ou circonstances où tu as fait preuve de ces mêmes compétences ou qualités ?

 

 

3/ Fais ta propre analyse SWOT :

SWOT vient de l’anglais : Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunities (opportunités), Threats (menaces). 

La SWOT est un outil de stratégie utilisé en entreprise, mais je te propose de l’appliquer à toi-même,par rapport à ton activité ou projet professionnel. 

(si tu désires l’appliquer à la sphère personnelle, tu peux te limiter à la liste des forces et faiblesses, les opportunités et menaces ayant moins de sens)

 

  • Forces (internes, propres à toi) : les qualités qui te différencient, tes points forts, tes compétences.

  • Faiblesses (internes, propres à toi) : il ne s’agit pas de tes défauts, mais des éléments ou facettes de ta personnalité qui peuvent être potentiellement bloquants et te freiner dans ton projet ou dans tes rapports aux autres.

  • Opportunités (externes) : il s’agit des possibles opportunités venant de l’extérieur et qui « matcher »avec ton profil, tes envies, tes désirs. 

  • Menaces (externes) : éléments extérieurs que tu ne maîtrises pas et qui pourraient rendre les choses plus difficiles.

 

Attention ! Il ne s’agit pas de faire la liste de tes qualités et défauts comme tu le ferais pour un entretien d’embauche, mais de faire un véritable travail sur toi-même et pour toi-même.

Il est donc important de le faire le plus honnêtement et objectivement possible, sans fausse modestie mais avec auto-indulgence, et sans émettre de jugement.