De balades en sorties, La Barcelonaise rencontre des Barcelonais, de tous les horizons. Ils aiment Barcelona et livrent un petit bout de leur estil de vida. 

Ils se confient sur leur installation, leur quartier, leurs lieux préférés et partagent leur expérience.

Ce mois-ci, La Barcelonaise te fait découvrir Mecanic, un espace dédié à la photographie en plein cœur de Gracia, mais pas que... On peut venir y déjeuner ou boire un verre en mode after-work. Xenia, originaire de l'Emporda, et Jean, se sont connus à Paris mais ont décidé de venir s'installer à Barcelon. Ils y ont ouvert un espace culturel qui propose des expositions de photos ambitieuses et des ateliers de photographie pour les plus jeunes. ​

Xenia, depuis quand vivez-vous à Barcelone ?​

Après avoir vécu cinq ans à Paris, Jean et moi sommes de retour à Barcelone depuis 18 mois. Nous avons beaucoup fréquenté l'espace d´exposition dédié à l´image-document Le bal dans le XVIIIème arrondissement à Paris, qui est aussi un lieu de réflexion et de pédagogie. C'est également une pépinière de talents : c'est d'ailleurs grâce à eux, que Mecanic a découvert Léa Habourdin qui expose ici jusqu'au 15 mars.

 

Mecanic est une association à but non lucratif qui a la même vocation que le Bal : on peut y découvrir des artistes de talent, consulter des livres de photos, tout en prenant un café par exemple... Un service bar est ouvert jusque 20h, avec la possibilité d'y déjeuner le midi. Les membres (socios) reçoivent 15% de remise sur leurs achats et les expos sont gratuites. Nous commençons à avoir des habitués, des amoureux de la photographie, des gens du quartier (Gracia), des mamans qui viennent ici à la sortie de l'école, des freelances qui viennent se réunir chez nous. ​

Comment s'est passée votre installation ?​

A notre arrivée, nous avons cherché un local que nous puissions aménager. Nous sommes tombés sur un ancien atelier, d'où le nom Mecanic, et y avons tout refait : les canalisations, le système électrique...​

Que propose Mecanic en dehors de la programmation d'expos photos ?​

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Nous avons mis en place des ateliers destinés aux enfants et adolescents en partenariat avec des écoles amis, telles que Grisart, Elisava...

Nous animons aussi des ateliers d'éditions de livres photos avec des artistes comme Léa Habourdin et travaillons avec d'autres personnalités tels que Toni Amengual, Inès Casals, ou Magali Avezou.

Pour les vacances de Pâques (Semana Santa), nous avons un projet d'atelier pour ados entre 12 et 13 ans qui possèdent un téléphone portable. L'idée est de les sensibiliser sur la portée que peuvent avoir les photos qu'ils publient, de leur apprendre comment présenter leurs photos de manière responsable. Ils seront également initiés au Polaroid et aux appareils photo analogiques.​

En septembre, nous allons débuter un programme pédagogique au sein de lycées de quartiers défavorisés.​ Deux heures par semaine, un professeur et un photographe travailleront avec les élèves sur la publication de leur photos. Seront utilisés les photos représentant le cadre de vie de ces lycéens : on pourra y découvrir leur vie au sein de l'école. Le but est de réinsérer les

adolescents difficiles, en situation d'échec scolaire. Nous nous sommes servis de l'exemple du projet Construim Mirades qui propose des ateliers de photographies en Catalogne.​

Quel est votre prochain défi barcelonais ?​

La prochaine expo : Eines. Inventari per a la Desobediència civil. Il s'agit d'un projet collectif regroupant beaucoup d'activistes locaux et internationaux, qui vont nous apporter leur vision sur la désobéissance civile. Parmi eux, on retrouvera Nicolas Descottes, photographe français, qui a une vision privilégiée sur le mouvement des gilets jaunes. Le vernissage aura lieu le 4 avril.

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Une bonne adresse dans votre quartier ?​

Casa Protea. En plus de travailler avec eux, je suis fan de leurs compositions florales. Un passage obligé dans le quartier de Gracia.​

En 2/3 mots, qu' aimes-tu le plus à Barcelone ?​

J'ai vécu à Londres et à Paris : le climat a été vraiment décisif dans le choix de venir vivre à Barcelone.​

Je suis catalane et c'est aussi pour moi plus facile de communiquer. Je me sens également très proche des gens ici car nous avons la même nature combative.

J'aime beaucoup aussi le système éducatif à Barcelone. Nous avons un petit garçon et avons réussi à trouver une école qui propose une méthode d'apprentissage s'inspirant du modèle norvégien. L'enfant est au centre du système éducatif et peut choisir l'activité qu'il fera en toute liberté.​

En 2/3 mots, ce que tu aimes le moins ?​

En Espagne, les artistes sont moins aidés qu'en France. Il serait bien qu'une refonte de la loi sur le mécénat soit faite pour faciliter les projets des fondations et des associations. En effet, nous nous butons à la paperasse et aux gros mastodontes culturels : ce n'est pas facile de subsister dans le panorama culturel...​

contact: ​

www.mecanic.eu

#byvictoria 12/03/19

Xenia - co-fondatrice de l'espace Mecanic