De balades en sorties, La Barcelonaise rencontre des Barcelonais, de tous les horizons. Ils aiment Barcelona et livrent un petit bout de leur estil de vida. 

Ils se confient sur leur installation, leur quartier, leurs lieux préférés et partagent leur expérience.

Depuis combien de temps es-tu Barcelonais et pourquoi ?

ça fait 23 ans… et honnêtement c’est un peu par hasard ! J’avais monté un club, une boutique de disques à Lyon et je fréquentais un peu Barcelone, fin des années 80. J’avais un copain qui était DJ ici et je sentais qu’il se passait quelque chose dans cette ville. Un jour je me suis fatigué de Lyon, de la France, de certaines choses, j’ai pris mes cliques et mes claques - l’avantage d’être DJ c’est que tu peux bouger beaucoup plus facilement -  et je suis venu ici.

 

Quelle a été ton évolution à Barcelone ?

Je suis venu avec mes disques. Mon ami DJ était en train d’ouvrir un gros club vers la Calle Muntaner, donc j’ai d’abord commencé à mixer avec lui et ça a plu à pas mal de gens… Tu commences 1 soir, puis 2 soirs, puis 3 soirs, puis les mecs d’à côté te proposent de faire un warm up… et de fil en aiguille, pendant pas mal d’années, j’ai bourlingué comme DJ dans pas mal de clubs et de bars de Barcelone. 

 

Puis j’ai rencontré deux autres personnes, dont 1 DJ mythique de Barcelone qui a inauguré l’Otto Zutz y Distrito Distinto. On arrêtait pas de se croiser : la nuit, la nuit, toujours la nuit. Musique, fête… et puis on a commencé à beaucoup mixer ensemble. C’était l’époque de la house, de la French Touch où on mixait beaucoup de samples, et on a un peu saturé de mettre des disques qui utilisaient des musiques originales, alors que nous, on avait les originaux de ces musiques. On s’est donc dit qu’on allait mettre du “vrai” Stevie Wonder, du “vrai” Miles Davis… On était des fous de musique, on mettait tout notre argent dans les vinyles. Le Café Royale que l’on a créé est né de ça : récupérer les originaux funky, jazzy, des années 60, 70. Ça a été une petite révolution. Alors que le Sonar était entrain de croître, beaucoup de gens on adhéré à notre concept. D’ailleurs les 2 ne sont pas incompatibles. Tu peux très bien t’amuser avec du jazz à minuit/1 heure, et terminer à 4h du matin en dansant sur de la house. C’est même assez logique… Au début on pensait qu’on allait faire un bar pour 4 copains et puis en fait ça a duré au final presque 14 ans !

L'après Café Royale, c'est le Guzzo ?

En fait, les 14 ans du Café Royale se sont déroulés en 2 phases. Il y a eu d'abord les 3 premiers gérants d’origine pendant 7 ans, avant que la mairie ne fasse fermer l’établissement pendant un an. J’ai donc ouvert le Diobar entre temps. Et un gros groupe de la nuit barcelonaise m’a demandé de réouvrir le Café Royale, en tant que Directeur Artistique, en apportant mes contacts, mon savoir-faire… et là, c’est reparti pour 7 ans. J’ai donc moi-même évolué et me suis véritablement tourné vers la programmation musicale de live, 2, 3 voire 4 fois par semaine. 

Je pense que c’est là qu’est née l’idée du Guzzo.

Le projet a vu le jour il y a plus de 4 ans maintenant. J’avais envie de retravailler pour moi-même, de varier un peu les plaisirs, d’aller un peu plus loin tout en ayant les mêmes origines musicales, les mêmes racines. La base du Guzzo c’est la même que celle du Café Royale. Musicalement c’est très black, très jazz, très soul, latin, méditerranéen, mais pas que nocturne. Il y a en plus un restaurant où on peut boire un verre, déjeuner, dîner, bruncher.

Barcelone, ville de musique ?

On est passé d’une ville où “tout est permis” à une ville des plus rétrograde… Dans l’édition espagnole du magazine Rolling Stones, il y avait un article qui disait : “Barcelone est la ville au monde où il y a le plus de musiciens qui y vivent, et où il y en a le moins qui en vivent”. Je crois que c’est un bon résumé.

Quels sont tes spots préférés à Barcelone ?

En dehors du Guzzo ? Il y a plein de choses ! Dans le Born, j’aime bien aller au Marlowe Bar qui n’est pas loin d’ici et qui fait aussi des petits concerts de jazz le dimanche soir. J’aime bien voir des jeunes qui s’investissent dans une musique qui n’est pas si jeune pour certains. J’ai découvert un nouveau restaurant La Soperi dans l’Eixample dont le concept est le “tout organique”. Ça n’est pas vegan ou végétarien, tu peux manger de la viande, mais tous les produits sont bio, organiques même les alcools. J’aime bien El Llamber aussi. Après il y a des choses simples du quotidiens comme aller au Mercat Santa Catarina, ou me promener au Parc de la Ciutadella... il n’y a pas une journée où je n’y vais pas.

 

Ton prochain défi barcelonais ?

Il y a des jours où j’aimerais bien remonter quelque chose, en revenant plus à la nuit. Pas en faire une discothèque, mais un club de jazz nocturne. J’aimerais bien avoir la possibilité d’aller écouter une jam session de jazz à 3 heures du matin, chose que j’ai vu dans des villes comme Athènes, New York… Je trouve que ça manque un peu ici.

Mais je pense aussi à développer cette belle carte de visite qu’est le Guzzo, pour en faire d’autres ailleurs, car je suis foncièrement bohème dans l’âme, j’aime bouger, même si Barcelone est la ville où je me sens vraiment chez moi.

 

C’est quoi pour toi être un Barcelonais ?

Il y a quelque chose d’inné. Je suis arrivé au bon moment, et j’ai fait partie avec plein d’autres, d’une évolution assez impressionnante d’une ville pleine de couleurs. Il y a 20 ans, tu sentais que les locaux comme ceux qui venaient de l’extérieur, communiaient pour amener cette ville à un autre niveau, la faire grandir, la faire bouger dans un esprit assez bohème, créatif, métissé. 

 

M'encanta Le ciel. La couleur du ciel. Tous les jours, il y a un moment où le ciel est bleu. La luminosité de Barcelone c’est quelque chose qui me fait du bien. Barcelone est une ville où il faut bon vivre, la douceur de vivre y est très présente. C’est très envoûtant.

No m'encanta On a tué la poule aux d’or. On a pas su maîtriser le tourisme, ou plutôt la qualité du tourisme… et c’est trop facile de taper sur Airbnb ou sur les touristes. Il faudrait que nous-mêmes les Barcelonais, on commence à proposer un modèle de tourisme différent…

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12/06/2018 #byisa

Fred - Fondateur du Guzzo