CES FICHUES BONNES RÉSOLUTIONS

On est en février. L’enthousiasme du 1er janvier est retombé et l’année 2019 s’est bel et bien installée, avec son quotidien, sa routine, sa course permanente. 

 

Tes bonnes résolutions de début d’année te paraissent déjà loin ? Cela me paraît un excellent moment pour faire le point, avant qu’elles ne disparaissent complètement jusqu’à l’heure du bilan, le 31 décembre prochain !

Dans cet article, tu ne trouveras malheureusement pas de truc infaillible pour concrétiser toutes tes bonnes résolutions du 1er janvier… mais une méthode pour t’aider à fixer de vrais objectifs (je préfère parler d’objectifs que de résolutions).

 

Qu’est-ce que sont de vrais objectifs ?

  • Des objectifs à la fois réalistes et motivants : loin des utopies du 1er janvier qui te feront inévitablement t’autoflageller le 31 décembre prochain, 

  • Et surtout, des objectifs qui aient vraiment du sens pour toi (c’est-à-dire : qui soient en ligne avec tes valeurs et tes priorités).

 

Prête ? 

 

Avant de commencer, faisons un petit recap de l’année passée. A tête froide et le plus objectivement possible, repenses à tes objectifs de l’année 2018 :

  • Quels étaient-ils ?

  • Qu’as-tu réussi ? Que n’as-tu pas réussi ? Et qu’as-tu appris en chemin ?

  • Quel rêve de 2018 est à nouveau dans ta liste pour 2019 ?

Et maintenant, ¡A por el año 2019!

Pour ne pas t’éparpiller en fausses bonnes résolutions, fixe-toi un maximum de 3 objectifs, pas plus. Le reste ne serait que pollution interne potentiellement culpabilisante.

 

Écris-les : cela aura bien plus de force que si tu te contentes d’y penser ou de les dire.

 

Et analyse-les. C’est là que ça devient compliqué – et c’est la raison de ce post ! 

 

Un possible exercice pour « analyser »un objectif est de le passer au filtre bien connu du S.M.A.R.T. (Spécifique, Mesurable, Ambitieux, Réaliste et Temporellement défini). 

 

Je te propose ici un autre exercice plus complet, inspiré de la PNL*, qui te permettra de mieux définir chacun de tes objectifs, qu’ils soient à court, moyen ou long terme.

 

Au fur et à mesure de l’exercice, tu peux reformuler et/ou affiner tes objectifs.

Exercice pour une meilleure définition d'un objectif :

 

1 . Formule-le en positif : « qu’est-ce tu veux ? »

Une formulation positive est beaucoup plus motivante, efficace, et moins culpabilisante qu’un objectif formulé en négatif.

Exemple : gérer mes émotions vs. ne plus me mettre en colère

 

Attention, il ne s’agit pas d’une simple question linguistique : une phrase peut être grammaticalement positive (je veux arrêter de fumer) mais se référer en réalité à une négation (je ne veux plus fumer).

Réfléchis donc en termes de « ce que tu veux pour toi »(te sentir mieux dans ton corps), plutôt que « ce que tu ne veux pas »(fumer).

 

Il en va de même avec « perdre x kilos » ou « faire du sport 2 fois par semaine » car ces phrases renvoient en réalité au processus, et non à l’objectif final. A reformuler, donc, en « peser x kilos »ou « être en meilleure forme physique » : qui renvoient à l’état désiré, bien plus motivant.

2 . Sois le plus spécifique possible 

Pour t’aider, pose-toi les questions suivantes: Quoi ? Combien ? Quand ? Avec qui ? Où ?

Avoir un objectif défini et spécifique te permettra de mieux organiser les ressources nécessaires pour l’atteindre.

Exemple : mieux gérer tes émotions => quelles émotions ? avec qui ? dans quelles circonstances ? 

 

3 . Sois réaliste : ni trop ambitieuse, ni trop peu

Un objectif irréalisable ne ferait que générer frustration et miner ton auto-estime. 

Si ton objectif est trop ambitieux (en taille ou en temps), découpe-le en « sous-objectifs », eux-mêmes spécifiques et positifs. 

 

Exemple : te réorienter, à découper en sous-objectifs réalistes pour 2019 (faire un bilan de compétences avant l’été, commencer une formation complémentaire en septembre). Cela te permettra d’aborder ta réorientation de manière plus réaliste, peut-être en 2020 ou 2021, mais en maintenant ta motivation.

 

A l’inverse, difficile de se motiver pour un objectif trop facile (ex : commencer des cours de pilates). Si c’est le cas, demande-toi : Pourquoi est-ce important pour moi d’atteindre cet objectif ? Cela fait-il partie d’un objectif supérieur (améliorer mon bien-être physique) ? Que puis-je faire d’autre pour atteindre cet objectif supérieur (marcher 30 minutes par jour, manger bio, etc)?

Tes objectifs sont clairs. Action !

Si tu as suivi toutes les étapes précédentes, tu devrais avoir toutes les clés en main pour te mettre en action.

 

Voici cependant quelques conseils :

 

  • Planifie et fixe-toi des deadlines : divise ton objectif en plusieurs étapes, en augmentant l’effort de manière graduelle.

 

  • Crée-toi des routines (exemple : lève-toi chaque jour 15 minutes plus tôt, pour aller au travail en marchant ou prendre du temps pour toi chaque matin). Au bout de quelque temps la routine sera tellement intériorisée qu’elle deviendra automatique.

 

  • Réajuste si nécessaire : fais le point régulièrement (par exemple une fois par mois) pour voir où tu en es, analyser ce qui marche et ce qui marche moins. Essaie de comprendre pourquoi, et réajuste si nécessaire (le timing ou l’ambition)

 

 

* PNL : Programmation Neurolinguistique

4 . Assure-toi que la réalisation de ton objectif dépend uniquement de toi 

Cela te mettra dans une démarche proactive et te permettra de définir tes limites et jusqu’où tu peux aller. 

 

Si ce n’est pas le cas (exemple : être augmentée / promue, qui dépend de tes capacités mais aussi clairement de ta hiérarchie), reformule-le en un objectif / sous objectifs qui dépendent uniquement de toi (être plus efficace, avoir plus de visibilité).

Attention : il ne s’agit pas d’abandonner un objectif sous prétexte qu’il ne dépend pas 100% de toi, mais de le reformuler en fonction de ce qui dépend effectivement de toi.

 

5. Fais la liste de tes ressources

Quelles sont les ressources nécessaires pour atteindre cet objectif ? As-tu accès à ces ressources ? Auxquelles n’as-tu pas accès et que peux-tu faire pour y remédier ? 

Accéder à certaines ressources peut alors se transformer en un « sous-objectif »(faire une formation pour une future réorientation).

 

6. Pourquoi veux-tu réaliser cet objectif ? En quoi est-ce important pour toi ? 

Si tu as fait l’exercice des valeurs il y a quelques mois, quelle(s) valeur(s) veux-tu honorer en poursuivant ou atteignant cet objectif ? 

Et si tu n’as pas fait l’exercice, il n’est pas trop tard ! (voir l’article « Sois toi-même, les autres sont déjà pris »)

 

7. Tout changement a des conséquences : es-tu prête à les accepter ?

Que va-t-il se passer si tu atteins ton objectif ? Que vas-tu gagner ? Que vas-tu perdre ? 

Quel impact cela aura-t-il sur toi et sur ton entourage ?

Quels bénéfices la situation actuelle a-t-elle pour toi (exemple : fumer m’aide à gérer mon stress) ? Comment peux-tu les maintenir / remplacer ?

Quelles sont les conditions qui pourraient te faire renoncer à ton objectif ? Jusqu’où es-tu prête à aller ?