SOIS TA PROPRE MEILLEURE AMIE

L’auto-indulgence est un concept que l’on n’apprend pas à l’école. Aujourd’hui pas tellement plus qu’il y a 10, 20 ou 30 ans. Malheureusement, ai-je envie d’ajouter.

 

Au risque de paraître cliché, nous sommes « formés »pour évoluer dans une société où la performance a fait place à la réussite, comme objectif ultime. Je ne parle pas seulement de réussite professionnelle, mais de « réussir sa vie » au sens qu’on lui donne au 21ème siècle, c’est à dire : faire ce que l’on aime, avoir un travail épanouissant mais qui n’empiète pas trop sur notre vie personnelle, avoir des amitiés sincères, des hobbies qui ont une vraie place dans notre vie, une famille épanouie et heureuse... Bref, une vie que l’on peut sans complexes et avec fierté étaler sur Instagram. Sacrée pression !

 

En parallèle, on nous dit qu’il faut être plus ouverts, plus tournés vers l’autre, plus tolérants ; moins dans le jugement. Ce n’est pas moi qui vais dire le contraire : je suis intimement persuadée du pouvoir et de la nécessité de la compassion et de l’empathie (voir l'article sue Le pouvoir de l’empathie).

 

Mais au final, nous voilà coincés dans un paradoxe parfois difficile à gérer : les autres ont droit à l’erreur, oui, mais nous, bof…

Auto-indulgence… Auto-compassion… Auto-estime...

Pour être honnête, il faut bien avouer que ces mots qui commencent par « auto »ont, tout au fond de nous, plutôt mauvaise presse : soit parce qu’ils sont signe de faiblesse, soit parce qu’ils sont signe d’orgueil.

 

Nous avons bien souvent plus d’indulgence pour nos amis ou nos proches que pour nous-même. Nous pardonnons plus facilement aux autres ces erreurs que nous ne nous permettons pas.

 

Il a dû t’arriver plus d’une fois d’admirer un(e) ami(e) parce qu’il(elle) a essayé quelque chose de nouveau, même s’il(elle) a échoué, n’est-ce pas ? Ou d’en réconforter un(e) autre en lui disant (et en y croyant sincèrement) que tout le monde a droit à ses moments de faiblesse, à ses erreurs. Et pourtant, que te dis-tu à toi-même avant d’entreprendre quelque chose, ou lorsque tu t’es trompée ou que tu as échoué ?

 

J’ai lu cette citation il y a quelque temps :

« Avoir peu d’estime pour soi-même n’est pas de la modestie : c’est de l’auto-destruction. Tenir son authenticité en haute estime n’est pas de l’égoïsme : c’est la condition première au bonheur et au succès. » Bobbe Sommer

Je suis évidemment d’accord, et j’irais encore plus loin : avoir peu d’estime et d’indulgence pour soi-même, c’est en quelque sorte faire preuve d’orgueil. 

 

Car pourquoi ma meilleure amie aurait-elle plus le « droit » à l’échec que moi ? Suis-je trop bien pour me tromper ? Suis-je à ce point au-dessus des autres pour penser que ce n’est pas grave s’ils se trompent, mais que ça l’est si moi je me trompe ?

Je ne dis pas que l’auto-exigence n’a pas du bon, bien au contraire - mais qu’elle doit aussi savoir laisser la place à une plus grande auto-indulgence. 

 

Faire taire cette petite voix intérieure qui te juge en permanence, et laisser la place à une autre voix intérieure : celle de ta meilleure amie – une personne qui t’aime, qui croit en toi, qui ne te juge pas si tu te trompes, qui ne t’accable pas si tu échoues, qui a confiance en toi et te soutient malgré tout.

 

En résumé : parle toi à toi-même comme si tu étais ta propre meilleure amie ! Et fais preuve envers toi-même de la même indulgence dont tu fais preuve pour tes amis.

Petits exercices d’application :

 

  • Quand tu es dans une situation de doute, quand tu as peur de te tromper ou quand tu te juges trop sévèrement : écris tout ce que te dirait ta meilleure amie - ou ce que tu dirais à ta meilleure amie si elle était dans ta situation. Relis-le tous les jours.

 

  • Demande à tes 3 meilleur(e)s ami(e)s de lister les 3 principales raisons pour lesquelles elles t’aiment. Ça te mettra du baume au cœur et te permettra de relativiser tes erreurs (et double effet kiss cool : tes ami(e)s en seront ravi(e)s, cela fait en général très plaisir aux gens de parler en bien de ceux qu’ils aiment) 

 

  • Question de réflexion : pourquoi tes amis t’appellent-ils en général ? C’est-à-dire : que viennent-ils chercher quand ils se tournent vers toi ? (pour avoir la meilleure recette de gâteau au chocolat, pour un bon plan de resto, pour pleurer sur ton épaule quand ça ne va pas, ou au contraire pour rire et se changer les idées, etc.)